Au lendemain de l’annonce du retrait immédiat de l’agrément de l’auto-école New School à Bourges par la préfecture du Cher, Naïma Lachgar, ancienne co-gérante de la SAS Auto École New School, souhaite faire entendre sa version des faits. Toujours titulaire de l’agrément concerné au moment de la décision, elle estime que la sanction prononcée est « sévère » et considère que plusieurs des griefs retenus portent sur une période durant laquelle elle n’assurait plus la gestion quotidienne de l’établissement.
La préfecture du Cher avait indiqué avoir ouvert une enquête administrative à la suite de plusieurs signalements transmis par le service des permis de conduire de la préfecture des Alpes-Maritimes, compétente pour les permis délivrés dans le Cher. À l’issue de cette procédure, des « manquements répétés et des irrégularités graves » avaient été relevés concernant le fonctionnement de l’établissement, notamment en matière de formation à la conduite et de gestion administrative. Parmi les éléments évoqués figurait la réalisation de séances sur simulateur en autonomie dans le cadre de la passerelle du permis B78 vers le permis B.
Naïma Lachgar conteste aujourd’hui plusieurs des constats retenus. Elle affirme avoir été absente de l’entreprise pendant près de deux ans afin de suivre, à Paris, une formation lui permettant de devenir formatrice d’enseignants de la conduite et experte en sécurité routière. Selon elle, cette formation devait lui permettre de développer par la suite un centre proposant notamment des stages de récupération de points et des formations destinées aux enseignants de la conduite. Elle indique avoir régulièrement informé la préfecture de son absence ainsi que de sa volonté de ne plus être titulaire de l’agrément. Elle précise également avoir cédé ses parts de la société à son ancien associé, Mohamed Fenas, en début d’année.
L’ancienne gérante affirme par ailleurs que les relations avec l’administration se seraient dégradées après l’obtention de son diplôme. Elle assure n’avoir jamais fait l’objet d’un avertissement en 2020. Selon elle, depuis l’ouverture de l’auto-école en 2019, aucun manquement ne lui avait été reproché jusqu’au lancement de cette procédure administrative.
Concernant l’utilisation du simulateur de conduite, Naïma Lachgar conteste également l’interprétation retenue par les services de l’État. Elle indique s’être renseignée auprès de son fournisseur Code Rousseau ainsi qu’auprès de la DSR. D’après les informations qui lui auraient été communiquées, deux heures de formation sur simulateur pouvaient être réalisées en autonomie dans le cadre de la passerelle du permis B78 vers le permis B. « Je suis certaine de ce que je fais, je n’excède pas les deux heures », déclare-t-elle.
Naïma Lachgar estime enfin que les conséquences de cette décision risquent d’être importantes pour les élèves. Elle affirme que les deux établissements New School à Bourges comptent encore plus de 500 élèves sous contrat, ce qui, selon elle, témoigne de la confiance accordée à l’auto-école depuis son ouverture en 2019. Elle considère que le retrait immédiat de l’agrément pourrait laisser ces candidats sans solution. Elle évoque également la possibilité que certaines erreurs aient été commises par une ancienne salariée, licenciée depuis, tout en estimant que plusieurs des faits reprochés sont intervenus alors qu’elle n’était plus impliquée dans la gestion quotidienne de l’établissement. Au regard de ces éléments, elle juge la sanction « disproportionnée ».
