La décision a provoqué une onde de choc dans le paysage culturel vierzonnais. Après l’annonce du départ du Festival du Film de Demain de Vierzon, le Ciné Lumière a publié, à son tour, un long communiqué pour expliquer les raisons de la fin de sa collaboration avec l’événement.
Dans ce texte signé par Aurélie Delage, exploitante du Ciné Lumière, l’établissement affirme que cette décision fait suite à des « attaques personnelles et violentes » subies ces derniers jours. Des attaques qui, selon elle, confirment le bien-fondé de son choix de mettre un terme à cette collaboration. « Les valeurs de ce festival ne sont pas les miennes », écrit-elle, évoquant des désaccords profonds tant sur la philosophie que sur la gestion de l’événement.
L’exploitante précise avoir pourtant proposé des solutions pour permettre le maintien du festival à Vierzon, notamment en utilisant les deux grandes salles du Centre des Congrès ou en limitant l’occupation du cinéma à une partie de sa jauge, comme cela se pratique dans d’autres festivals nationaux. Elle réfute ainsi toute responsabilité dans l’arrêt de la manifestation, estimant que le festival pouvait se tenir sans monopoliser intégralement le cinéma.
Sur le plan financier, Aurélie Delage conteste également certains chiffres avancés par les organisateurs. Elle rappelle que la facturation du Ciné Lumière s’élève à environ 15 000 euros hors taxes par édition pour l’exploitation du site, les autres sommes correspondant à la rémunération des films, reversée aux ayants droit. Elle dément notamment percevoir 50 000 euros de bénéfices personnels, évoquant au contraire un manque de transparence sur les montants réellement reversés aux ayants droit, au regard du budget global de l’événement.
L’exploitante souligne par ailleurs que les tensions entre le cinéma, les organisateurs du festival et les élus locaux existaient avant son arrivée à la tête de l’établissement. Elle insiste sur le fait que sa décision n’est pas motivée par des considérations financières, affirmant ne plus souhaiter recevoir de fonds de la part de l’association organisatrice.
Dans son communiqué, Aurélie Delage rappelle enfin l’engagement du Ciné Lumière au cœur de la vie culturelle locale : relance de l’établissement après la crise sanitaire, programmation élargie reconnue par le label Art et Essai, actions menées auprès des associations, des établissements scolaires et du grand public. « Le Ciné Lumière est un établissement culturel au cœur de la ville, ouvert tous les jours » , écrit-elle.
Concluant sur un ton ferme, elle affirme ne plus vouloir aucun lien avec une association dont elle dénonce l’attitude à son égard et évoque la possibilité de prendre « des mesures plus radicales » si le « harcèlement » qu’elle dit subir devait se poursuivre.



